Des œuvres parfois mal accueillies à Salzbourg, et devenues aujourd’hui si familières qu’elles habitent nos mémoires, reprises, transformées, parfois même détournées.
La symphonie n’était cependant pas la forme qu’il préférait.
Mozart rêvait d’opéra.
Et pourtant, dans ce cadre qui n’était pas le sien, il a su transformer la symphonie traditionnelle.
Il y introduit quelque chose de plus vivant, presque narratif :
une manière d’exprimer les tensions, les élans, les drames de l’existence.
L’orchestre devient alors une scène.
Les instruments dialoguent, s’opposent, se répondent, comme des personnages de théâtre.
Et la musique, sans les mots, dit déjà beaucoup.
Symphonie n°38 “Prague” (Vienne, 1786) K.504
Une ouverture presque tragique.
Une tension qui installe immédiatement un climat dramatique, tel un lever de rideau.
Déconcertante, cette symphonie, où le climat sombre de l’introduction
laisse place à la légèreté du second mouvement.
Mozart refuse de s’installer dans une seule couleur,
pour rappeler qu’au cœur même de la gravité,
quelque chose peut encore respirer.
Second mouvement Andante
Andante de la Symphonie N°38
Symphonie n°39 “maçonnique” (Vienne, 1788) K.543
La symphonie s’ouvre dans une ampleur, une noblesse, presque triomphante.
Elle se prolonge dans une lumière large,
comme apaisée, au fil des mouvements suivants.
Comme si, après l’affirmation initiale,
la musique s’élargissait,
trouvait son espace.
Charme de l’andante, avec ses variations d’un même thème sur six notes.
Symphonie n°40 (Vienne, 1788) K.550
La plus célèbre, sans douteMais aussi la plus troublante.
Celle qui exprime, peut-être plus explicitement,le drame fondamental de son existence.
Une inquiétude, une urgence intérieure.
Somptueuse dans son ouverture,elle semble encore porter le temps des illusions.Puis vient le second mouvement :
les désillusions, les contraintes,l’incompréhension de ses contemporains.
Et pourtant, quelque chose se redresse.Dans le menuet final, plus déterminé,
comme apaisé, et musicalement accompli.
Cette trilogie trouve son accomplissement dans la Symphonie n°41 “Jupiter” (K.551),
qui s’achève en apothéose.
C’est aussi la fin de l’œuvre symphonique de Mozart.
Symphonie concertante (Salzbourg, 1779) K.364
Une œuvre , que j’aime particulièrement.
Mozart y fait une place singulière aux silences,
qui suspendent le temps et donnent à la musique
une profondeur plus intérieure.
Un dialogue entre le violon et l’alto
installe une conversation intime, presque confidentielle :
Ecouter la version Alto/violon , le choix de Mozart
Cette version restitue pleinement le dialogue entre le violon et l’alto, essentiel à l’émotion du morceau.
« un échange fragile,
où chaque voix semble écouter l’autre ».
La musique est composée lors d’une période charnière de la vie de Mozart :
il revient contraint à Salzbourg, qu’il supporte mal ;
il a perdu une liberté qu’il avait goûtée pendant ses voyages —
et, en même temps… sa musique gagne en profondeur.
Et l'intégrale de la symphonie