Virginia Woolf
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(25 janvier 1882-28 mars 1941)

Née à  Londres Adeline Virginia Stephen

 

                                

  Femme  de lettres anglaise, son  oeuvre  échappe  à la tradition  et au  formalisme britannique  de son  époque  en s'attachant   aux "biographies de l'être" (M. Yourcenar) qu'elle traduit dans  une expression  nouvelle  du  ressenti  et de l'émotion , poursuivant  les  impressions  fugaces et  en  les restituant  dans un  langage  propre à  chaque personnage   qui suggère   le caractère et les états d'âmes  comme autant  de   touches impressionnistes et subtiles  .

Le récit  ne raconte plus  une histoire , un  évènement   mais  photographie des états de conscience  ,  flottant  dans un  halo de réalité distancée  que traversent   dans leur  temporalité  propre,  les personnages  de ses romans  . Les destins se croisent sans  se  rencontrer dans  un  présent  instable  stimulé   par le  souvenir  , la rêverie  ou les conjectures  . Le  temps s'écoule dans  l'élasticité bergsonnienne  ....  ,  Menus faits  pour  l'un , catastrophe pour l'autre chacun  des protagonistes éclaire les évènements des couleurs de son  être .

 

Roman polyphonique ,  Clarissa domine néanmoins   dans Mrs Dalloway et sans être à proprement dit autobiographique, la poésie de Virginia  Woolf nous livre  beaucoup du vécu  de l'auteure  dans cette  femme  élégante qui traverse les rues de  Londres  toute  absorbée par  ses souvenirs et  une  réception  comme si toute son  existence  n'avait eu  pour  finalité que de la conduire à   cet événement  où chaque invité du  passé  trouverait   sa place. 

 A noter , la  préface de Bernard Brugière  , véritable cours de littérature .

 

...

Très tôt  Virginia  Woolf  connut les  deuils  ,  et  les dépressions nerveuses  . Sa  jeunesse se passa dans une   atmosphère  ambigüe. En  1904  ,  la mort  de  son  père  provoqua un  véritable  effondrement  .  

 En 1912   elle épouse  Leonard Woolf dont la patience et la compréhension  la maintinrent  éloignée de la folie.

Ils appartenaient  tous deux au groupe des Bloomsburry dont faisaient  également partie DH  Lawrence, Katherine  Mansfield et Dorothy Bussy amie  d'André Gide. Ils publièrent en Angleterre  Rilke  , Freud et   Svevo.

Virginia Woolf se suicide en  1941. Elle remplit ses poches de pierres et se jette dans la rivière Ouse  près de Monk's  House , sa maison de Rodmell.  Elle laisse une note à son mari : « J'ai la certitude que je vais devenir folle : je sens que nous ne pourrons pas supporter encore une de ces périodes terribles. Je sens que je ne m'en remettrai pas cette fois-ci. Je commence à entendre des voix et ne peux pas me concentrer. Alors je fais ce qui semble être la meilleure chose à faire. Tu m'as donné le plus grand bonheur possible... Je ne peux plus lutter, je sais que je gâche ta vie, que sans moi tu pourrais travailler.[...] »

 

Virginia's Farewell Letter to Her Husband

Dearest, I feel certain I am going mad again. I feel we can't go through another of these terrible times. And I shan't recover this time. I begin to hear voices, and can't concentrate. So I am doing what seems to be the best thing to do. You have given me the greatest possible happiness. You have been in every way all that anyone could be. I don't think two people could have been happier till this terrible disease came. I can't fight any longer. I know that I am spoiling your life, that without me you could work. And you will I know. You see I can't even write this properly. I can't read. What I want to say is I owe all the happiness of my life to you. You have been entirely patient with me and incredibly good. I want to say that - everybody knows it. If anybody could have saved me it would have been you. Everything has gone from me but the certainty of your goodness. I can't go on spoiling your life any longer.

I don't think two people could have been happier than we have been.

V.

Virginia Woolf  , féministe :

Une chambre à  soi 
"je sais, vous m'avez  demandé de parler  des femmes et  du  roman. Quel  rapport allez-vous me  dire ,  existe-til entre ce sujet et  une chambre à  soi "? interroge Virginia  Woolf en  ouverture d'une conférence sur le féminisme qu'elle  dispensa aux étudiantes de l'université  de Cambridge. Avec une irritation voilée  d'ironie, Virginia Woolf  rappelle dans ce délicieux pamphlet comment,  jusqu'à  une époque toute récente,  les femmes ont  été savamment placées  sous  la dépendance spirituelle  et  écxonomique  des  hommes   et, par  voie de conséquence, réduites au silence. Il manquait à  celles qui  étaient  douées pour  affirmer  leur génie  de quoi vivre , du  temps et  une chambre à  soi ".  

Bibliothèque  10/18 , traduit  de l'anglais par  Clara Malraux

"Les femmes ont pendant des siècles servi aux hommes de miroir, elles possédaient le pouvoir magique et délicieux de réfléchir une image de l'homme deux fois plus grande que nature ." Virginia Woolf, Une chambre à soi p.54

 

Son  chef d'oeuvre  Les Vagues  

Publié en 1931, Les  Vagues  se  compose d'une succession de monologues intéieurs entrecroisés de brèves descriptions de la nature. Chaque personnage donne  sa voix et  se retire dans un mouvement rythmé qui  évoque le flux et le  reflux  des marées.

"J'espère avoir retenu  ainsi le chant de la  mer et  des oiseaux, l'aube et le jardin , subconsciemment  présents, accomplissant leur tâche souterraine ...

Ce pourrait  être des ilôts de lumière, des îles dans le  courant que j'essaie de  représenter  ; la vie elle-même qui  s'écoule  ."

Préface  de  Marguerite Yourcenar  ,  collection Livre de poche 

Correspondances  Virginia  Woolf - Lytton  Strachey

Bloomsbury  au  quotidien 

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Michael  Cunningham a écrit un livre  "les heures" à partir  de Mrs Dalloway  , à son  tour adapté  au  cinéma par  Stephen Daldry "The Hours"

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