Muséum d'histoire naturelle
Un ensemble architectural fabuleux
Darwin
L'idée d'un grand musée à Londres consacré à l'histoire naturelle revient
à Sir Richard Owen (1804-1892) célèbre naturaliste et paléontologiste
spécialisé en anatomie comparée qui n'adhéra jamais aux théories de Darwin
sur les origines de l'homme .
Lorsque Owen y prit ses fonctions en 1856 , le musée dépendait alors du
British Museum à Bloomsbury . Il comprenait 4 départements : Zoologie,
Botanique, Géologie, Minéralogie et la collection prestigieuse réunie par Sir
Hans Sloane, rachetée par l'Angleterre en 1753 , ne trouvait plus assez de
place pour une exposition optimum . Il réussit à en convaincre le premier
ministre de l'époque William Ewart Gladstone qui lui accorda le projet d'un
nouvel édifice d'une surface adéquate qui abriterait et mettrait à la
disposition du public le plus large les témoignages de la longue histoire de
l'humanité et de son environnement faune , flore aussi bien que géologique . Il
fallut 30 années de discussions et tergiversations opiniâtres pour que le
musée voie enfin le jour en 1881 . La
surface nécessaire à l'édification du site , le choix du lieu dans la
capitale et les influences politiques et idéologiques pesèrent sur les travaux
; le projet en effet éclatait le British Museum et l'investissement était
colossal mais les querelles furent aussi souvent le fait du caractère
autoritaire de Sir Owen qui , dans ses ambitions pour la discipline qu'il
servait, voulait tout superviser , tout en s'opposant ostensiblement aux
nouvelles théories darwiniennes, lesquelles bien sûr, se trouvaient au coeur
de l'histoire naturelle abritée par le musée .L''un des plus fameux épisodes
sur la question fut en 1860 le grand débat d'Oxford entre Th Huxley
(grand-père de Aldous Huxley) et Samuel Wiblerforce qu'on disait influencé par
Sir Richard Owen .
C'est pourtant grâce à l'opiniâtreté de Owen que le musée finit par trouver
sa réalisation dans le quartier de South Kensington de la capitale . Sur
un aussi long laps de temps les projets eurent à subir les influences
successives de plusieurs courants représentés par des architectes célèbres
et talentueux mais de visions esthétiques différentes. En
pleine époque victorienne, en réactions au machinisme et au matérialisme, on
vit s'épanouir un retour aux architectures gothiques « le Gothic
Revival » ,mouvement qui ne connut semblable essor qu'en Angleterre où
les édifices de cette conception fleurirent . Mais
le mouvement n'était pas homogène . Aux projets plus classiques soutenus par
Owen s'ajoutèrent les préférences du Capitaine Fowke en charge du projet en
1864, plus inspiré par un amalgame de" Renaissance italienne" et de
"Romanesque Style" caractérisé par la voûte en plein cintre et les
toitures en coupoles . A la mort de celui-ci en 1865 le projet fut confié à un
architecte convaincu du mouvement Gothic Revival : Alfred Waterhouse, qui ne
voulait cependant pas rompre totalement avec le travail de ses prédécesseurs ,
compte tenu probablement des sommes déjà engagées mais aussi pour les
perspectives ornementales que lui offrait la tendance romane. Le
génie de Warterhouse fut sans doute dans cette éclatante synthèse qui nous
donne aujourd'hui un vaste ensemble de bâtiments ou se marient la rigueur des
longues enfilades frontales , la légèreté de la décoration intérieure
et extérieure , la fantaisie du traitement des surfaces, et le foisonnement des
objets d'ornement .
Waterhouse avait pris le parti d'utiliser au maximum la Terracotta, ce matériau
présentant de multiples avantages . Il permettait notamment de dissimuler les
infrastructures en fer et en acier supportant l'architecture mais aussi de
recouvrir les immenses façades en rompant l'uniformité par l'utilisation
d'éléments bicolores , dont les effets toutefois devaient être garantis par
des lavages réguliers . La maniabilité du matériau facilitait en outre la
réalisation des motifs ornementaux conçus pour la plupart par Waterhouse
lui-même, (colonnes et colonnades, chapiteaux , balustrades, frises en dessins
géométriques ou figuratifs) .
La diversité fascinante des détails ne se révèle que par un regard attentif
, qui découvre avec ravissement cette infinité de représentations légendaires
ou réelles de la faune et de la flore . Cette richesse ne doit pas faire oublier
cependant tout ce
qu'elles dissimule en matière de technologies avancées pour l' époque
(système d'aération, de diffusion de la lumière , prévention des incendies)
ainsi que l'usage de matériaux moins nobles mais plus performants , comme le
fer ou l'acier pour les infrastructures complexes .
L'histoire du Museum d'histoire Naturelle , on le voit , peut se lire comme un
roman entre les lignes duquel se profile symboliquement cette continuité du
génie humain , admirable oeuvre d'art mariant passé et futur . Sources: Mark Girouard Published by The
Natural History museum
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