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Le désert
" Dans l’eau je peux voir mon reflet mais le désert me donne une ombre pour seule image de moi ."( Vincent Steffen , Aphorismes))
Le milieu le plus hostile qui soit à l’homme
par l’absence d’eau ..le premier élément vital . Face au désert
Lorsqu’on découvre le désert, que le regard embrasse sa vaste étendue, qu’elle soit de
sable ou de chaos rocheux , les impressions qui prédominent sont elles liées
au vertige d’un horizon
infiniment lointain, au silence ou
bien à l’immobilité ? N’ayant
pas été moi-même confrontée au désert ,je ne
peux qu’imaginer , au travers de mes lectures , des films,
des photos et j’en déduis à tort ou
à raison , que toutes
ces impressions doivent se
superposer, se mêler,
pour créer ensemble cette atmosphère sacrée qui envoûte , force l’admiration, tout en en inspirant le respect et la crainte. De tous ces états si incompatibles
avec l’être humain , celui de
l’immobilité est peut-être le
plus fort ou du moins le
plus étrange , le plus caractéristique du désert . L’homme est par principe mouvement et ici tout semble figé. Tout ce qui bouge en est absent : hommes, bêtes, herbes, feuillages , jusqu’au ciel sans nuage. Le soleil lui-même semble avoir arrêté sa course tant sa chaleur implacable étire les heures durant lesquelles il brûle. Dans le désert
les ennemis que l’homme
affronte sont immobiles
et lui aussi économise ses gestes, et
ses paroles. Absence de mouvement
, absence de bruit , la
solitude se révèle par
l’unique source de ce qui vient rompre l’immobilité
et le silence , celle de
l’homme qui marche dans le désert. Et le temps également lui échappe , il n’est plus à sa mesure comme si le sien et celui du milieu qui l’environne étaient différents. Que signifie à son horloge les traces laissées par les eaux qui ont creusé il y a si longtemps ces profonds canyons aujourd’hui arides ? la lente érosion qui a poli les roches ? le déplacement non perceptible des immenses dunes ? La perte de ces repères
habituels doit
provoquer chez le marcheur
qui l’affronte pour la
première fois une sorte de vertige ,
certains parlent d’ivresse pour l’ajouter aux mirages . Alors que cherche l’homme dans ces conditions aussi inhospitalières ? qu’est-ce qui l’attitre ? Passons
sur la nécessité : la route des caravaniers,
les champs pétrolifères ,
l’or noir ou le blanc ( le sel) ,
et malheureusement aussi hier, l’esclavage . Le commerce a du souvent composer avec le désert Avec ces grands marchés où s’achevaient la route des caravanes déversant leurs trésors venus des confins du monde , il est possible qu’il ait fait jaillir dans notre imaginaire cette source de nos enchantements pour séduire nos différents penchants, le mystique comme l’aventurier , l’ascète comme le chasseurs de trésors . Antinéa de Pierre Benoît , Lampe merveilleuse d’Aladin, météorite de Théodore Monod, la rose bleue des sables continue de nous hanter pour nous pousser à franchir les portes qu’on ouvre par un Sésame. Mais
au-delà du merveilleux , c’est sans doute la
promesse d’une quête qui
lie l’homme au désert
, l’espoir de s’y retrouver soi-même
autant que l’espérance de
découvrir l’oasis au
milieu des sables . C’est aussi par l’effort qu’il exige pour le braver, la démonstration de la confiance de l’homme en ses capacités, sa prédisposition irréductible à l’espérance . Page suivante : Les écrivains du désert
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