La chanson d' Elena
Accueil Remonter Contacts Nouveautés plan du site

Son cœur est un luth suspendu ;
Sitôt qu’on le touche ,il résonne
De Béranger 

(  Histoires extraordinaires  d' Edgar  Poe)

 

Jour  des  masques

 

Jour des masques , où tout bascule
Sur la place pavée qui résonne
Montaigus et Capulet ont encore croisé le fer ..
Se poursuivent autour du puits ,
où dorment les eaux profondes
Dans le murmure des non-dits
Des secrets qui se révèlent
Par l'ombre qui les trahit
Visant le coeur, échec et mat 
Jouant avec la mort, trichant avec la vie ,
Pas de deux et révérences
arabesques et entrechats
Souples capes rouge et noire
protégent, s'arrachent et s'envolent 
Quand se découvre baisse sa garde
L'un s'abandonne, le coup donné
l'autre jouit de sa victoire
Ecrase le masque tombé.
Et nargue effrontément les étoiles.

U.S.I .

 

 

Fratres

Musique de  fratres   d'Arvö Part

Duo

(Drame  à  deux  voix )

(sur la  musique  de Fratres   d'Arvö Part)

http://www.youtube.com/watch?v=FukUz9z9HkY

C'est  évident !
Tu es  le  piano, je  suis  le  violon .
Entends-tu  comme la  partition  du  violon solo  est  tout  d'abord  insouciante ?
à 1:12 mn le piano  apparait.
Sens-tu  la  surprise  du  violon? 
Entends-tu  comme il est  attentif  ? 
Sens-tu  sa  réserve ?
Entends -tu  comme  ils  s'éprouvent  et   se  cherchent ?
à 2:30 le violon  chante déjà  pour  le piano   .
Comme  ils  s'accordent  et  comme  leur  chant  est mélodieux :
le piano  sage  , le  violon un  peu fou , la voix  toujours   haut  perchée ..
à 3:20  la  raison envahit  le  piano
Le violon  s'affole  , sens-tu  croitre son  inquiétude ?
Puis ,  à  4:32  le violon   reprend  confiance  et  s'abandonne  au  piano   .
à 5:36 le  piano  cède  à la raison
...Résonnent  les mesures   implacables  et  décisives !
Ressens-tu  la  douleur  du  violon ? 
Le violon peut  jouer  de  toutes ses  forces ,  il ne parvient  plus  à  rejoindre le  piano  qui  déjà  ne  l'écoute plus.
à 6:40   le violon se  résigne
Le piano  a  repris  son  pas  assuré endurçi par  de vieilles  blessures.
Ils  ont  cessé de chanter  ensemble  et  chacun  va  de  son  coté

Le  piano  indifférent  et le  violon  brisé pour  toujours.

U.S.I.

 

Bleu……

O  bleu …… suprême Clairon plein des strideurs étranges,
Silences traversés des Mondes et des Anges . (Arthur  Rimbaud)

Mon  âme  est  bleue et bleu  est  souffrance
Silhouette qui s’éloigne dans la  fuite  élégante d’une courbe sans fin
Abstraction  froide   dans sa perfection de  l’infini  qui  t’appelle.
Ce ciel n’est pas l’Azur mais brume opaque et dense
piège du  matelot , dissimule l’ abime ,avale  les  oiseaux
Suspendu entre le ciel  et l’eau
Espace entre deux mondes    je suis étrangère 
Dans  mon rêve    je tombe   saute  éternellement
Nous avions pris le même pont
Que des ailes blanches  soutiennent   comme  celle  d’un ange  
 
Attirés par    les eaux profondes  et  invisibles
Le corps y tombe sans  bruit
Les bruits  que le bleu  étouffe 
Comme  le  bleu  fond le contour  des choses  
Bleu  froid 
 Bleu  indifférent  
Bleu  de l’absence   , de l’irréalité 

 

 hier  et  demain  fondus  dans  l’intemporel 
Sans présent  sans devenir
Je te devine plus que je te vois 
Dans un dernier regard…. seul ….
Mais… qui  vois-tu,   qui  te regarde, qui  t’attend ?
De  quel  monde  où je ne suis pas  est-ce la  voie ?  

Fixé  sur  ce   bleu  dont tu  fais  ton  Azur 
Au delà des nuages  qui  en font ma blessure
Tu reprendras ta  route préférant  une  Resurrection  
Prononçant  l’éternelle  séparation

U.S.I.

 

Camera  separata

(Schubert  D915 Botticelli)

Il nous restait si  peu de  temps
Déjà rendez-vous était pris
Je m’étais  accordée  un sursis
Mais l’hiver  était mon printemps.  

Sur les joues de Simonetta
 La fièvre  a posé  ses  couleurs 
Et dans  ses  bras chargés de  fleurs 
Se cache impatient et  sournois  

Le mal qui tôt l’emportera
Sa main   s’empresse  de    liberer
Roses  et  trésors parfumés…
Bijoux fleuris, lacets, ceintures  …..  

Des  boutons qui font ses parures
naitront  les fruits convoités par Hermès
à zéphyr Abandonnant   sa jeunesse  
Elle  va,  sachant son temps déjà fini  

Sous l’œil  (implacable )de    la Sagesse 
 (qui commande à l’indifférence 
L’éternelle  feminité  repète  ses pas  de  danse 
Figures Légères  et  gracieuses  aux doigts  entremelés  
Comptent sur   un tapis  de  mousse la cadence de leurs pas ailés

 

 

La  belle  s’en  allait  dormant 
Eveillée sous ton regard 
Le prince  est  venu très  tard ,
Des  fleurs  il m’en  restait  tant   

Si  tu ne viens à moi   printemps  tardif 
Pour répandre   à la  volée 
Le  beau que nous nous étions donnés
De mes mains  encore  captif  

Il me faudra partir  bientôt
dans   mon sombre  caveau   sans  marbre  
Dans  la  terre  froide et macabre 
Camera  Separata
Et  j’y deshabillerai mes os

U.S.I.

 

 

 

 

  sommaire des domaines sommaire des thèmes