La Forêt 
Photo Oanh Nguyen
La foret, royaume en danger
(Konrad Lorenz et Kurt L.
Müdl)
Royaumes en dangers ( Konrad
Lorenz):
"Chacun n'est pas seulement le
produit de l'héritage que lui ont transmis ses parents, ce qui ne l'éloigne
pas beaucoup de ses ancêtres des cavernes. Il est aussi le produit de la
civilisation qui connaît aujourd'hui une évolution plus rapide que durant la
préhistoire.
Le développement actuel de la
civilisation risque toutefois de détacher l'homme de la nature et de le
conduire à des erreurs. Les générations actuelles grandissent malheureusement
dans des villes où la beauté de la nature est absente. J'ai mauvaise
conscience à leur égard, car j'ai eu la chance de passer mes années de
jeunesse à la campagne.
A la lisière méridionale de
Tullnerfeld, en Autriche, j'ai trouvé dans la forêt mon premier animal- une
salamandre tachetée. Au nord couraient les eaux vives et joyeuses des bras du
Danube. Le souvenir des grands espaces naturels intacts a influencé ma vie,
autant que l'aurait permis une éducation scolaire et universitaire.
Quel bonheur, quand on est jeune ou
enfant, d'entrer en contact avec d'autres êtres vivants, d'établir des
relations avec la nature, d'apprendre ce que sont les bêtes et les plantes et
comment elles vivent.
Quel malheur si nous laissions
s'aggraver-en témoin passif- la dégradation de la nature au point qu'il ne
nous resterait , tel notre aïeul Noé, que l'espoir de sauver les derniers
survivants du naufrage. La parabole du Déluge et de l'Arche de Noé
deviendra-t-elle vraie par notre faute? Devant un Déluge dont nous serions
responsables, devant ces royaumes en danger aurions-nous pour ultime chance, que
la pensée: "Noé va s'embarquer"?
Demi-tour d'urgence ( Kurt L
Mündl ):
"La question de savoir pourquoi
l'évolution n'a pu se passer de l'homme a été analysée.
Notre rôle sur la terre est-il
arbitraire?
Occupons-nous, à juste titre, une
"niche" plus vaste que les autres ? Ou bien représentons-nous la plus
grave erreur d'évolution que la nature ait jamais commise? Peu importe. Ces
interrogations demeurent le sujet de débats éternels pour les savants et les
philosophes.
Beaucoup estiment que l'homme est un
modèle particulier, qu'"il constitue le sommet de la création en raison
de sa grande intelligence. Tout être vivant n'a qu'un objectif : ne pas
disparaître, se perpétuer aussi longtemps que possible, survivre. A long
terme, seules y parviendront les créatures qui vivent en étroite interaction
avec leur environnement, et dont le style de vie est proche de la perfection. Le
mammifère, intellectuellement le plus développé, l'homme, n'a rien à
attendre de son avenir. Ses méthodes d'action rationnelles à court terme sont
négatives à longue échéance. En effet, nous vivons une époque où les
matières premières s'épuisent, où les espèces animales et végétales sont
en perdition. Elles forment le baromètre où se mesure notre avenir. Tous
ensemble -plantes, bêtes et humains-nous existons sur la terre et grâce à
elles.
Il faut faire demi-tour d'urgence.
Statistiques et listes rouges où s'accumulent les animaux en danger le
prouvent. En Allemagne , dix huit cents espèces sont menacées.
Les groupes de pression qui influencent
l'histoire et qui se veulent lucides devraient prouver leur réalisme en
attribuant à l'humanité la place qu'elle mérite sur cette liste rouge."
Ce n'est pas un livre récent : les
remarques des deux auteurs nous sont maintenant familières ! L'actualité
écologique leur donne chaque jour raison et pourtant depuis une vingtaine
d'années qu'ils ont lancé au monde ce cri d'alarme, il ne semble pas que nous
ayons entamé ce demi-tour d'urgence! qu'ils préconisaient.
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L'arbre rose -Photo de Tyler
La forêt dans le Dictionnaire des
symboles de J. Chevalier et A. Gheerbrant:
La forêt des Celtes >
sanctuaire (Forêt de Brocéliande), équivalence sémantique, à l'époque
ancienne: Nemeton
La forêt de Dodone chez les Grecs:
chênes sacrés dont le chant était un avertissement divin.
Le Torii au Japon > sanctuaire
naturel
En chine, chevelure de la montagne
dont elle fait la puissance en lui permettant de provoquer la pluie, c'est à
dire dans tous les sens du terme, les bienfaits du ciel.
En Inde > lieu de retraite pour
la méditation et le de repos.
La Forêt vierge: La Grande
dévoreuse de la littérature Hispano-Américaine.
La forêt selon Jung:" pour
l'analyse moderne, par son obscurité et son enracinement profond, la forêt
symbolise l'inconscient. Les terreurs de la forêt, comme les terreurs paniques
, seraient inspirées selon Jung, par la crainte des révélations de
l'inconscient."
la forêt dans Mythologies des
steppes, des forêts et des îles sous la direction de Pierre Grimal :
Mythologie Gauloise, culte des arbres et des bois:
Vosegus dieu
tutélaire des Vosges sylvestres, Arduinna la Diane des Ardennes, Abnoba celle
de la Forêt Noire.
Forêt slave : demeure des esprits : démons, ne procédant pas
des hommes mais pouvant revêtir des formes humaines : belles jeunes filles
nues séductrices, ou des formes d'animaux : cygne, faucon , loup.
Forêts sacrées de Lituanie
Tane dieu des forêts et des oiseaux, l'une des divinités
primordiales du panthéon polynésien.

Ce bref tour d'horizon de nos mythes peut
laisser insatisfaits. Car tous les peuples primitifs ont du connaître en
présence de la forêt ces sentiments contradictoires de mystère, de crainte ou
de protection qui engendraient la vénération et le respect chez nos ancêtres
et qui résonnent encore dans notre inconscient. Qu'elle soit forêt
tropicale ou forêt de nos contrées, à sa lisière, l'homme quitte son espace
naturel et pénètre dans un univers qui n'est pas tout à fait le sien. Le ciel
se devine plus qu'il n'est visible, l'obscurité y est plus profonde, la source
des bruits ou des chants nous échappent . On peut s'y cacher mais on peut aussi
s'y perdre. Elle accompagne nos légendes et nos contes. Mais c'est sans
doute plus généralement dans les mythes attachés aux arbres que se trouve la
véritable expression du sacré qu'elle inspire, et c'est dans ses composants
spécifiques: chênes, bouleaux, conifères, baobabs ou arbres à pain,
que l'esprit des hommes, selon leur latitude, a diversifié ses dieux.
Sous-bois
LA FORÊT CHILIENNE
de Pablo Neruda (J'avoue
que j'ai vécu)
... Sous les volcans, auprès des
glaciers, entre les grands lacs, le parfum, le silence, l’enchevêtrement de
la forêt chilienne... Les pieds s’enfoncent dans le feuillage mort, une
branche fragile a crépité, les raulis 1 géants dressent leur
stature hérissée, un oiseau de la sylve froide
passe, bat des ailes, s’arrête dans les branchages noirs. Et puis, de
sa cachette, sa voix s’élève comme un hautbois... Mon nez reçoit et
transmet à mon âme l’odeur sauvage du laurier, l’essence indéfinissable
du boldo 2... Le cyprès des Guaïtecas me barre le chemin... C’est
un monde vertical : une nation d’oiseaux, une foule de feuilles... Je
trébuche sur une pierre, je gratte la cavité découverte, une énorme araignée
aux cheveux rouges me regarde de ses yeux fixes, immobile, grosse comme une écrevisse...
Un carabe doré me crache son effluve méphitique tandis que disparaît comme un
éclair son radieux arc-en-ciel... Poursuivant, je traverse un bois de fougères
beaucoup plus grand que moi : celles-ci laissent choir de leurs yeux verts et
froids soixante larmes sur mon visage et font frémir longtemps encore derrière
moi leurs éventails... Un tronc pourri : ô quel trésor!... Des champignons
noirs et bleus lui ont donné des oreilles, de rouges plantes parasites l’ont
couvert de rubis, d’autres plantes paresseuses lui ont prêté leurs barbes
et, rapide, un serpent jaillit de ses entrailles putréfiées,
telle une émanation, comme si s’échappait l’âme de ce tronc mort…..
Plus loin, chaque arbre s’est séparé de ses semblables… Il se dressent sur
le tapis de la forêt secrète, et chaque feuillage, linéaire, frisé, branchu,
lancéolé, a un style différent, comme coupé par des ciseaux aux mouvements
infinis… Une ravine ; sous l’eau transparente, elle glisse sur le jaspe
et le granite… Un papillon pur comme un citron vole en dansant entre l’eau
et la lumière… A mon côté, des myriades de calcéolaires me saluent de
leurs petites têtes jaunes. …La-haut, gouttes artérielles de la forêt
magique, ondulent les copihues rouges
(la pageria rosea) … Le copihue rouge est la fleur du sang, le copihue blanc
est la fleur de la neige. Dans un frisson de feuilles la vélocité
d’un renard a traversé le silence, mais le silence est la loi de ces
feuillages…A peine le cri lointain d’un vague animal .L’intersection pénétrante
d’un oiseau caché.. L’univers végétal susurre à peine jusqu’au moment
où une tempête déclenche toute la musique
terrestre.
Qui ne connaît pas la forêt
chilienne ne connaît pas cette planète.
C’est de ces terres, de cette
boue, de ce silence que je suis parti cheminer et chanter à travers le monde.
P.N.
1.
Sorte de chênes du Chili. (N. du T.)
2.
Arbre chilien, de la famille des lauracées. (N. du T.)
...........................
Des sites : http://terresacree.org/forevieg.htm
Liens avec d'autres pages du site :
Amazonie
Page Actualité:
Le soja brésilien dévore la forêt
amazonienne
Bientôt: La forêt de Tolkien: La vieille
Forêt, Forêt de Mirkwood, Forêt Noire....
Les arbres
Bouleaux
Mythologie des arbres
par Jacques Brosse

(Petite bibliothèque
Payot)
" Autrefois, les arbres
jouaient un grand rôle dans la vie des hommes. Protecteurs,
pourvoyant à tous leurs besoins, ils étaient considérés comme les
manifestations de la présence des dieux sur terre, au point qu'à chacun de
ceux-ci on avait attribué une essence particulière. Ce livre foisonnant de
belles histoires oubliées, rassemble nos croyances sur les arbres, mais aussi
les connaissances traditionnelles des civilisations dont nous sommes issus,
qu'elles soient égyptienne, sémite, crétoise, grecque, latine, germanique ou
celte...."
Les
arbres de Tolkien.......
Des liens : Un site magnifique :
l'arbre cosmique: http://cosmobranche.free.fr/MythesArbre.htm