LA MER
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Mer , montagne ou désert ?  Ici ce sera la mer !

"Tuor arriva à  Nevrast et tomba  amoureux de Belegaer, La Grande Mer, dès qu'il la vit . Le chant  des vagues et le désir de la contempler ne quittèrent  plus jamais son coeur et l'inquiétude qui  l'habitait le conduisit  en fin de compte  dans les profondeurs du royaume d' Ulmo."  (Le Silmarillion - JRR Tolkien )

 

la mer qui inspire Sunny

 

« La mer, qu’on voit danser le long des golfes clairs … » dit la chanson.  C’est celle dont nous rêvons tous, la mer miroitant de tous ses bleus, invitant à la baignade, la mer de nos plus belles vacances, de nos souvenirs d’enfance parfois, la mer plaisir, comme un immense terrain de jeu ou un paysage de carte postale. 

J’aime cette mer là ! Il faudrait être fou pour ne pas l’aimer. Elle nous offre son meilleur visage. S’asseoir sur le sable chaud, laisser son regard se perdre au loin, sur cet infini, sur la douceur de ce clapotis vert tendre, argent ou azur qui finit par se confondre avec le ciel, c’est comme un petit instant de paradis volé. Jouer avec un enfant dans les premières vagues tièdes, l’aider à découvrir cet élément nouveau, voir sa joie, entendre ses rires qui font écho au va et vient de l’eau, est un pur moment de bonheur. Nager en harmonie avec les flots, se sentir sirène, avoir une conscience aigüe du bien être qui vous enveloppe est comme un retour aux sources, un bain dans un nouveau liquide amniotique. C’est la mer douceur, la mer cocon, la mer qui berce, qui enchante les songes.

Mais la mer que j’aime par-dessus tout, c’est l’océan, le vrai, celui qui bouge, qui sait être violence et tendresse, celui qui embaume l’air déjà loin de la côte, celui qui caresse en rythme, inlassablement, des grèves immenses et qui frappe avec colère les falaises, celui qui vous couvre d’embruns, qui invite tous les vents, celui dont les couleurs changent d’une transparence argentée  au jade, au turquoise, à l’indigo le plus sombre. J’aime cet océan sauvage, qui vous laisse muet d’humilité devant son immensité et sa puissance. J’aime qu’il ouvre la porte à tous les imaginaires et que s’y baladent néréides et corsaires. J’aime les longues balades sur les plages immenses, cheveux au vent, qui donnent l’impression de vivre intensément, de faire pleinement partie de cette symbiose entre l’eau, le sable et l’air vif. Etre un morceau du puzzle, appartenir à ce décor comme la mouette qui rit dans le ciel, le voilier blanc qui glisse au loin ou le coquillage à vos pieds. J’aime marcher sur les plages de toutes les saisons, les ensoleillées, les douces, les chaudes, mais aussi les plages solitaires de l’hiver, quand le ciel est bas et que la mer joue à être une plaque de granit sans fin ou lâche ses vagues d’écume blanche comme un vaste troupeau de moutons pressés.  J’aime me sentir minuscule devant cet infini, qui réveille tous les courages, toutes les envies d’ailleurs, tous les rêves. 

Reste cet océan qui fait peur, qui décline tous les glauques, tous les gris, toutes les obscurités. Cet élément indompté et indomptable qui devient tempête, ouragan et monstre. Que faire sinon respecter et craindre quand l’eau devient soudain montagne liquide rugissante ou gueule abyssale, quand la tourmente transforme vagues sombres  et nuages noirs en un tourbillon de folie, quand le naufrage est au bout de la traversée, quand l’océan devient tombe de marin et cauchemar … 

J’aime la mer éternelle …

(Sunny 17 10 2007)

 

 

Photo extraite du très beau livre  de Paul  Robin : "L'énergie  magnifique"

On y trouvera maints échos au texte précédent !!Touchons nous  à l’universel : 

La  mer, la mer toujours recommencée selon  Paul  Valéry …

La  mer dont les rouleaux sur la plage scandent  l’implacable répétition , la patiente érosion du temps, le roulement  sans fin de la roche  jusqu’à sa réduction en une multitude de grains de sable.   

La mer qui laisse notre regard s’apaiser sur son immensité étale  où l’œil glisse jusqu’à l’horizon sans rencontrer  d’obstacles  , camaïeux de bleus et de verts  animés par les rayons du soleil qui viennent  danser sur les vagues et  se disperser en mille paillettes étincelantes . 

Les oiseaux  de mer semblent dans leurs ébats planants accentuer encore cette sérénité, où le  bruit  des vagues n’est qu’une forme du silence .

L’Azur,  l’Azur, l’Azur, l’Azur….

Le regard s’étire  jusqu’à l’azur , tendu vers l’horizon lointain  où sombre le soleil, le soir en se couchant, pour  apparaître encore le lendemain,  ailleurs... , mais sur un horizon tout semblable. 

 

Photo  d'Ivan Glita

Comment imaginer  cette immensité  si calme  se changeant en furie .

Pourtant d’un coup  le vent se lève  .. "il faut tenter de vivre"….ajoute  Valéry

Les vagues gonflent ce sont  les quarantièmes rugissants ,  Le Cap Horn  , le maelstrom norvégien  , celui de Edgar Poe.

Quand  tout entière semble t-il elle se soulève  pour engloutir le grand navire, avaler  le fragile esquif …. 

Les vagues se creusent  ,  les étraves fendent les  montagnes fluides

Les  paquets de mer s’écrasent sur les ponts,  brisant les mâts et déchirant les voiles 

Ce n’est plus le mariage avec l’Azur mais l’accouplement avec l’ouragan  , et la brûlure du sel sur les plaies des mains  enchaînées aux cordages.

Le bois craque , le  bateau souffre…

C’est  Typhon de Conrad  , c’est Océano  Nox  de Hugo et le tombeau de combien de marins. 

Sur la côte elle se précipite en dévoreuse ; furieuse ,  elle se rue  à  l’assaut  du rocher qui résiste,  se dresse et puis s’écrase, inlassablement dans des gerbes d’écume,  pour aussitôt renaître et  porter un nouvel assaut. Et dans cette ardeur à  vaincre  le poète des fleurs du mal unit  l’Homme libre à la mer , lutteurs éternels, ô frères implacables ».

 

Illustration : Willem van  de Velde le  jeune 

Et  puis à  nouveau calme, apaisée,  sa brise marine caresse l’ennui  et nous invite au départ , promesses  des  rivages parsemés de coquillages , oiseaux  ivres d’écume  « Fuir !  là-bas fuir  … » oubliés , les naufrages …. « ..Mais  ô mon cœur  , entends le chant des  matelots ! 

Tandis que sur la plage inondée de soleil  , les enfants rient de l’acharnement de la vague sur leurs châteaux de sable  …..

 

Echos  également empruntés  à : 

Paul Valéry :Cimetière Marin

Stéphane Mallarmé : Brise marine , L’Azur 

Victor Hugo : Océano nox

Charles Baudelaire : l' Homme et la mer 

Edgar Poe :Une descente  dans  le Maelstrom

Joseph  Conrad : Typhon

(octobre 2007)

La  mer et la musique : Debussy évidemment  !!!

  http://www.youtube.com/watch?v=FNUN2PkunS4

voir également  :  un  poème de  Pierre de Marbeuf  sur l'amour et la mer 

 

 

 

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