L'aigle
Accueil Remonter Contacts Nouveautés plan du site

 

L'aigle dans le dictionnaire des symboles 

                 (de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant)

Roi des oiseaux, incarnation, substitut ou messager de la plus haute divinité ouranienne et du feu céleste. Le soleil que lui seul ose fixer sans se brûler les yeux. Symbole si considérable qu'il n'est point de récit ou d'image, historique ou mythique, dans notre civilisation comme dans toutes les autres,  où l'aigle n'accompagne, quand il ne le représente pas, les plus grands dieux comme les plus grands héros. Il est l'attribut de Zeus et du Christ, l'emblème impérial de César et de Napoléon et, dans la prairie Américaine comme en Sibérie, au Japon, en Chine, comme en Afrique, chamans, prêtres et devins aussi bien que rois et chefs de guerre empruntent ses attributs pour participer à ses pouvoirs. Il est aussi le symbole primitif et collectif du père et de toutes les figures de la paternité.

Mais cette universalité d'une image, n'enlève rien à la richesse et à la complexité du symbole qu'elle sous-entend......

Roi des oiseaux :-expression de la transcendance (tradition biblique)  

                               - symbole de la perception de directe de la lumière intellective. transposition du symbole de l'Empire..

Oiseau solaire:  mythologies asiatique et nord-asiatiques; mythologies amérindiennes , Aztèques

 Aigle aux ailes déployées = l'éclair ou la croix

                                - Eclair : oiseau tonnerre, emblème des civilisations de chasseurs-nomades,guerriers    conquérants (aigle d'Ashur et de Zeus)

                                 -  Croix : emblème des civilisations agraires 

Aigle /lion en occident

Aigle /jaguar chez les Aztéques

Aigle /serpent : Garuda ses Vedas>ciel/terre,  anges/démons

L'aigle, oiseau tutélaire : l'initiateur , le psychopompe dans les traditions amérindiennes et asiatiques, Sibérie , Amérique du nord  (utilisation de la plume d'aigle dans les tribus chamaniques des deux continents); aigle posé sur la cime de l'arbre cosmique.

Traditions occidentales: l'aigle un des animaux primordiaux :Irelande  et Manibogi de Kulhwch et Olwen. Pouvoir de renaissance> passage par le feu et l'eau. 

Au Moyen Age chez les mystiques : la prière comparée aux ailes de l'aigle s'élevant vers la lumière.

L'aigle augural et divinateur : antiquité méditerranéenne, Iran, Rome et Grèce

L'aigle gauche : Comme tout symbole, l'aigle possède aussi un aspect nocturne maléfique ou gauche. C'est l'exagération de sa puissance, la démesure de sa propre exaltation.

Dans la tradition chrétienne, de Christ à l'Antéchrist, il symbolise alors orgueil et oppression, il devient le rapace cruel et ravisseur.

Aigle à deux têtes: Aigle bicéphale des anciennes civilisations d'Asie Mineure, symbole du pouvoir suprême.  Selon Frazer ce symbole d'origine Hittite aurait été repris au Moyen Age par les Turcs Seldjoukides, emprunté à ceux-ci par les les Européens à l'époque des Croisades pour parvenir par ce biais aux armes impériales d'Autriche et de Russie.

        

Mythologie grecque

L'aigle attribut de Zeus

http://www.mythorama.com/_mythes/indexfr.php?id_def=631&code=0

 

L'aigle de Prométhée  

http://www.mythorama.com/_mythes/indexfr.php

 

 

                                                                                                                                  

                          Ebbe (Musée d'Orsay)

 

 

Les aigles du Kalevala

Chant VII : 

......................
Un oiseau vint de Laponie,
Un aigle s'envola du nord;
Il n'était vraiment pas très grand
Ni petit parmi les petits:
Son aile effleurait les nuages,
L'autre aile balayait les flots,
Sa queue s'attardait sur la mer,
Son bec frôlait les longs écueils.
L'aigle volait d'un vol plané
Observait la terre sous lui;
Il vit le vieux Väinämöinen
Au sein des flots de la mer bleue :
"Homme que fais-tu dans la mer
Héros à la merci des vagues ? "..............
.........................................................

Chant XVIII

...............
Alors elle changea d'aspect,
Osa modifier sa forme:
Elle rassembla cinq faucilles,
Six rebuts de bêche usées,
Elle s'en façonna des serres,
Les disposa comme des griffes;
La moitié du bateau brisé
Lui servit de support solide,
Les planches devinrent des ailes, 
la godille fit une queue:
Cent hommes se mirent sous l'aile
Mille héros au bout des plumes,
Cent hommes avec leurs épées,
Mille héros portant des arcs,
Ensuite elle prit son envol 
S'éleva sous l'aspect d'une aigle,
Décrivit de larges circuits
Pour découvrir Väinämöinen;
Son aile effleurait les nuages,
L'autre rayait les ondes lisses 
.............. 

Les aigles de Tolkien: 

".....Yavanna fut heureuse, elle se leva et dressa les bras vers le ciel en disant : - Que les arbres de Kementari poussent si haut qu'ils puissent être la demeure des Aigles du Roi !-

Manwë aussi se leva, et il parla d'une telle hauteur que sa voix descendit sur Yavanna comme venue d'un ouragan.

-Non dit-il, seuls les arbres d'Aulë seront si hauts. Les Aigles vivront dans les montagnes, où ils entendront les voix de ceux qui nous invoquent......"  (Le Silmarilllion- Quenta Silmarillion .  JRRT )

                                                                            Les aigles:( Encyclopédie de David Day: )

Les plus nobles des créatures ailées d'Arda étaient les aigles, qui furent conçus par deux puissants Valar : Manwë seigneur des airs et Yavanna  reine de la Terre. Ils comptaient parmi les plus anciennes et les plus sages des races. Messagers et serviteurs de Manwë ils sillonnaient l'Azur dans le monde entier. Ils étaient les yeux de Manwë et tels des éclairs, s'abattaient sur ses ennemis. Au premier âge du soleil, de grands aigles vivaient à Bélériand. On les appelaient aigles du cercle des Montagnes et ils nichaient sur des aires élevées au sommet des pics, les Crissaegrim. Ils étaient renommés pour leurs exploits dans la guerre des Joyaux. Leur seigneur Thorondor, le plus grand et le plus majestueux de tous les aigles avaient une envergure de trente brasses et sa vitesse dépassait celle du vent le plus rapide. Thorondor et ceux de son espèce se couvrirent de gloire lors de la guerre de la  Colère. Le Quenta Silmarillion décrit la victoire des aigles dans la Grande Bataille, y compris sur les plus terribles calamités, les dragons du feu ailés.

Au troisième âge du soleil, Gwaihir, le seigneur des vents, régnait sur les aigles de la Terre du Milieu. Bien que n'atteignant pas la taille du plus petit des aigles du premier âge, il était selon les critères du troisième âge, le plus grand de son époque. Le peuple de Gwaihir, les aigles des Monts Brumeux, était féroces et redoutés des puissances sombres. Lors de la guerre de l'Anneau, Gwaihir avec son frère Landroval et Meneldor le Vif, combattit souvent avec la légion des aigles. Ils contribuèrent à vaincre les Orques dans la bataille des Cinq Armées. Ils sauvèrent le Mage Gandalf et les Hobbits porteurs de l'Anneau, et participèrent à la dernière bataille de la Guerre de l'Anneau devant la porte Noire de Mordor.


Les aigles de Victor Hugo

Il neigeait. On était vaincu par sa conquête.
Pour la première fois, l'aigle baissait la tête
.......... (Les Châtiments - l'expiation)

Départ et retour des régiments (les années funestes) 

-Aigles, où courez-vous?
                                            Que c'est beau la lumière !
Que c'est beau le soleil ! Dans sa splendeur première,
Quand l'aurore apparut, l'aigle la contempla,
Et, s'envolant, il dit à l'astre: me voilà !
Car vous avez, oiseaux que hait l'ombre éternelle,
Pour le soleil les yeux, pour la liberté l'aile.
L'aigle chasse la brume affreuse du vallon;
Il n'est qu'un souffle alors mais s'appelle Aquilon.
Les peuples ont besoin, Dieu seul étant leur règle,
D'avoir au-dessus d'eux l'immense vol de l'aigle;
Car il tombe de l'aigle un éblouissement.
L'aigle va chercher l'aube au fond du firmament,
Vole et crie en planant dans son vaste équilibre:
Hommes voilà comment on est quand on est libre !
Le groupe obscur des Nuits, craint cet audacieux.
Aigles votre coup d'aile est nécessaire aux cieux.
Tout ce qui n'est pas vie, amour, clarté, principe,
Devant votre passage effrayant se dissipe;
Votre fier bruit d'orage épouvante le mal;
Le monde esprit succède au vil monde animal;
Partout où vous planez surgit la délivrance
Vous n'êtes plus la guerre et vous vous nommez France. 
Le bruit d'ailes s'éloigne, ils s'en vont. 
                                                                    - On dirait
Que le ciel tout à coup devient une forêt.
Dieu! quelle chute brusque et sombre des ténèbres!
Sous l'épaississement des silences funèbres,
Tout s'efface, et l'espace obscur se refroidit;
L'horizon misérable et morne  a l'air maudit;
Des lueurs qui brillaient, meurent l'une après l'autre;
De ces langues de feu qui tombaient sur l'apôtre,
A peine en flotte-t-il quelques unes au fond
D'une ombre où nul ne voit ce que les peuples font;
Toute la terre a pris l'aspect visionnaire;
Et dans cette noirceur roule un vague tonnerre.
Le paysage horrible est pestilentiel;
Chacun des quatre vents , aux quatre coins du ciel,
Prononce un mot sinistre et, comme dans un rêve,
Cette clameur: Hélas! Puebla! puis ce glas:
Hélas Mentana! Puis ces cris Aubin! Hélas!
Hélas ! Ricamarie! Hélas! Un sombre dôme
Reluit: c'est Rome, à moins que ce ne soit Sodome.
Des silhouettes sont à terre et c'est épars,
Nu, terrible, et le sang fume de toutes parts;
On entend un tumulte ailé qui se rapproche;
Et dans l'ombre, ici, là, sous la roche,
Dans les villes, au fond des bois , au pied des tours,
Partout on voit des morts...
                                                -D'où venez-vous vautours?

A  mon ami S. B.

L'aigle c'est le génie ! oiseau de la tempête,
Qui des monts les plus hauts cherche  les plus  hauts faits;
Dont le cri fier du jour chante l'ardent réveil;
Qui ne souille jamais sa serre dans la fange,
Et dont l'oeil flamboyant incessamment échange
Des éclairs avec le soleil.

Son nid n'est pas  un  nid de mousse; c'est une aire,
Quelque rocher creusé par  un coup de tonnerre,
Quelque brèche d'un  pic, épouvantable  aux yeux,
Quelque croulant asile, aux flancs des monts sublimes
Qu'on voit, battu des vents, pendre entre deux abîmes
Le noir précipice et les cieux !

Ce n 'est pas l'humble ver, les abeilles dorées ,
La verte demoiselle aux ailes bigarrées,
Qu'attendent ses petits, béants, de faim  pressés ;
C'est l'immonde lézard, c'est le serpent qu'il jette,
Hideux, aux aiglons  hérissés.

Nid royal! palais sombre, et que d'un flot de neige
La roulante avalanche en bondissant assiège!
Le génie  y nourrit ses fils avec amour,
Et tournant au soleil leurs yeux remplis de flammes,
Sous son aile de feu couve de jeunes âmes
Qui  prendront des ailes un jour !

Pourquoi donc s'étonner, ami, si sur ta tête,
Lourd de foudres, déjà le nuage s'arrête?
Si quelqu'impur reptile en ton nid se débat?
Ce sont tes premiers  jeux, c'est ta première fête ;
Pour vous autres aiglons, chaque heure  a sa tempête,
Chaque festin est un combat.

Rayonne ,il en est temps ! et s'il vient  un orage,
En prisme éblouissant change le noir nuage.
Que ta haute pensée accomplisse sa loi.
Viens, joins ta main de frère à ma main fraternelle.
Poète, prends ta lyre, aigle, ouvre  ta jeune aile;
Etoile, étoile,  lève-toi.

La brume de ton aube, ami,  va se dissoudre.
Fais-toi connaître, aiglon , du soleil , de la foudre.
Viens arracher un nom par tes chants  inspirés;
Viens; cette gloire, en butte à tant de traits vulgaires,
Ressemble aux fiers drapeaux qu'on rapporte des guerres
Plus beaux quand  ils sont déchirés !

Vois l'astre chevelu qui, royal météore,
Roule , en se grossissant des ondes qu'il dévore;
Tel, ô jeune géant, qui t'accrois tous les jours,
Tel ton génie ardent , loin des routes tracées,
Entraînant dans son cours des mondes de pensées,
Toujours marche et grandit toujours !

 

La mort de l'aigle

(José Maria de Hérédia )

 

Quand l'aigle a dépassé les neiges éternelles,
A ses larges poumons il veut chercher plus d'air
Et le soleil plus proche en un azur plus clair
Pour échauffer l'éclat de ses mornes prunelles.

Il s'enlève. Il aspire un torrent d'étincelles.
Toujours plus haut, enflant son vol tranquille et fier,
Il plane sur l'orage et monte vers l'éclair
Mais la foudre d'un coup a rompu ses deux ailes.

Avec un cri sinistre, il tournoie, emporté
Par la trombe, et, crispé, buvant d'un trait sublime
La flamme éparse, il plonge au fulgurant abîme.

Heureux qui pour la Gloire ou pour la Liberté,
Dans l'orgueil de la force et l'ivresse du rêve,
Meurt ainsi d'une mort éblouissante et brève !

 

  sommaire des domaines sommaire des thèmes Nouvelle page 7