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La terre n'appartient pas à l'homme, l'homme appartient
à la terre.
J 'ignore encore où me mènera ce thème et quelles en seront les limites . Aujourd'hui cette page me semble ne devoir concerner que les Indiens d'Amérique du Nord que nous connaissons mieux et que nous avons appris à apprécier à travers l' histoire de leur confrontation avec les émigrants européens qui se sont implantés sur leur terre, et dont la culture ne cesse de nous démontrer tout ce que nous avons perdu par l'éloignement de nos contacts avec la nature.. Je garde pourtant encore ce titre "général" que la fantaisie et les hasards de l'histoire ont faussement affecté, qui intègre également certains peuples des Amériques centrales et du Sud tandis que son étymologie le destinait à de tout autres autres cultures . Qu'importe donc puisqu'en soi le terme n'a pas plus de sens que celui de races et que son seul intérêt est de pouvoir évoquer de manière simple ces formes de cultures vers lesquelles les hasards de l'environnement, les aléas des confrontations humaines, les rapports de forces avec les sources de subsistance les ont portées vers des options différentes des nôtres pour façonner leur esprit, leur panthéon ou leur mode de vie. Parmi ces peuples, les Indiens d'Amérique du Nord , offrent un regard homogène en ce sens que leur culture , si diamétralement opposée à celle qui l'environne, a su, encore à ce jour résister et forcer en bien des points notre admiration et notre nostalgie pour des valeurs perdues. Comme celle d'autres prestigieuses civilisations qui se sont effondrées la culture indienne subsistera mais surtout en tant qu'exemple d'un équilibre possible entre l'homme et la nature, nous soutenant dans nos choix en faveur de l'écologie . Et voici pour conforter s'il en est besoin cette idée, un texte tout inspiré de cette sagesse indienne que nous propose Mériten.
Extrait
de « Pieds nus sur la terre sacrée » Réponse
du Chef Seattle en 1854 au gouvernement américain qui lui proposait
d'abandonner sa terre aux blancs et promettait une "réserve" pour le
peuple indien. "Nous
savons que l'homme blanc ne comprend pas nos mœurs. Une parcelle de terre
ressemble pour lui à la suivante, car c'est un étranger qui arrive dans la
nuit et prend à la terre ce dont il a besoin. La terre n'est pas son frère,
mais son ennemi, et lorsqu'il l'a conquise, il va plus loin. Il abandonne la
tombe de ses aïeux, et cela ne le tracasse pas. Il enlève la terre à ses
enfants et cela ne le tracasse pas. La tombe de ses aïeux et le patrimoine de
ses enfants tombent dans l'oubli. Il traite sa mère, la terre, et son frère,
le ciel, comme des choses à acheter, piller, vendre comme les moutons ou les
perles brillantes. Son appétit dévorera la terre et ne laissera derrière lui
qu'un désert. Je
ne sais pas. Nos mœurs sont différentes des vôtres. La vue de vos villes fait
mal aux yeux de l'homme rouge. Mais peut-être est-ce parce que l'homme rouge
est un sauvage et ne comprend pas. Il
n'y a pas d'endroit paisible dans les villes de l'homme blanc. Pas d'endroit
pour entendre les feuilles se dérouler au printemps ou le froissement des ailes
d'un insecte. Mais peut-être est-ce parce que je suis un sauvage et ne
comprends pas. Le vacarme semble seulement insulter les oreilles. Et quel intérêt
y a-t-il à vivre si l'homme ne peut entendre le cri solitaire de l'engoulevent
ou les palabres des grenouilles autour d'un étang la nuit ? Je suis un homme
rouge et ne comprends pas. L'Indien préfère le son doux du vent s'élançant
au-dessus de la face d'un étang, et l'odeur du vent lui-même, lavé par la
pluie de midi ou parfumé par le pin pignon. L'air
est précieux à l'homme rouge, car toutes choses partagent le même souffle -
la bête, l'arbre, l'homme, ils partagent tous le même souffle. L'homme blanc
ne semble pas remarquer l'air qu'il respire. Comme un homme qui met plusieurs
jours à expirer, il est insensible à la puanteur. Mais si nous vous vendons
notre terre, vous devez vous rappeler que l'air nous est précieux, que l'air
partage son esprit avec tout ce qu'il fait vivre. Le vent qui a donné à notre
grand-père son premier souffle a aussi reçu son dernier soupir. Et si nous
vous vendons notre terre, vous devez la garder à part et la tenir pour sacrée,
comme un endroit ou même l'homme blanc peut aller goûter le vent adouci par
les fleurs des prés. Comment
pouvez-vous acheter ou vendre le ciel, la chaleur de la terre ? L'idée nous
parait étrange. Si nous ne possédons pas la fraîcheur de l'air et le
miroitement de l'eau, comment est-ce que vous pouvez les acheter ? Chaque
parcelle de cette terre est sacrée pour mon peuple. Chaque aiguille de pin
luisant, chaque rive sableuse, chaque lambeau de brume dans les bois sombres,
chaque clairière et chaque bourdonnement d'insecte est sacré dans le souvenir
et l'expérience de mon peuple. La sève qui coule dans les arbres transporte
les souvenirs de l'homme rouge. Les
morts des hommes blancs oublient le pays de leur naissance lorsqu'ils vont se
promener parmi les étoiles. Nos morts n'oublient jamais cette terre magnifique,
car elle est la mère de l'homme rouge. Nous sommes une partie de la terre, et
elle fait partie de nous. Les fleurs parfumées sont nos sœurs; le cerf, le
cheval, le grand aigle, ce sont nos frères. Les crêtes rocheuses, les sucs
dans les prés, la chaleur du poney, et l'homme - tous appartiennent à la même
famille. Aussi
lorsque le Grand Chef à Washington envoie dire qu'il veut acheter notre terre,
demande-t-il beaucoup de nous. Le Grand Chef envoie dire qu'il nous réservera
un endroit de façon que nous puissions vivre confortablement entre nous. II
sera notre père et nous serons ses enfants. Nous considérerons donc, votre
offre d'acheter notre terre. Mais ce ne sera pas facile. Car cette terre nous
est sacrée. Cette
eau scintillante qui coule dans les ruisseaux et les rivières n'est pas
seulement de l'eau mais le sang de nos ancêtres. Si nous vous vendons de la
terre, vous devez vous rappeler qu'elle est sacrée et que chaque reflet
spectral dans l'eau claire des lacs parle d'événements et de souvenirs de la
vie de mon peuple. Le murmure de l'eau est la voix du père de mon père. Les
rivières sont nos frères, elles étanchent notre soif. Les rivières portent
nos canoës et nourrissent nos enfants. Si nous vous vendons notre terre, vous
devez désormais vous rappeler, et l'enseigner à vos enfants, que les rivières
sont nos frères et les vôtres, et vous devez désormais montrer pour les rivières
la tendresse que vous montreriez pour un frère. Nous
considérerons donc votre offre d'acheter notre terre. Mais si nous décidons de
l'accepter, j'y mettrai une condition : l'homme blanc devra traiter les bêtes
de cette terre comme ses frères. Je
suis un sauvage et je ne connais pas d'autre façon de vivre. J'ai vu un millier
de bisons pourrissant sur la prairie, abandonnés par l'homme blanc qui les
avait abattus d'un train qui passait. Je suis un sauvage et ne comprends pas
comment le cheval de fer fumant peut être plus important que le bison que nous
ne tuons que pour subsister. Qu'est-ce
que l'homme sans les bêtes? Si toutes les bêtes disparaissaient, l'homme
mourrait d'une grande solitude de l'esprit. Car ce qui arrive aux bêtes, arrive
bientôt à l'homme. Toutes choses se tiennent. Vous
devez apprendre à vos enfants que le sol qu'ils foulent est fait des cendres de
nos aïeux. Pour qu'ils respectent la terre, dites à vos enfants qu'elle est
enrichie par les vies de notre race. Enseignez à vos enfants ce que nous avons
enseigné aux nôtres, que la terre est notre mère. Tout ce qui arrive à la
terre, arrive aux fils de la terre. Si les hommes crachent sur le sol, ils
crachent sur eux-mêmes. Nous
savons au moins ceci : la terre n'appartient pas à l'homme, l'homme appartient
à la terre. Cela, nous le savons. Toutes choses se tiennent comme le sang qui
unit une même famille. Toutes choses se tiennent. Tout
ce qui arrive à la terre, arrive aux fils de la terre. Ce n'est pas l'homme qui
a tissé la trame de la vie : il en est seulement un fil. Tout ce qu'il fait à
la trame, il le fait à lui-même. Même
l'homme blanc, dont le Dieu se promène et parle avec lui comme deux amis
ensemble, ne peut être dispensé de la destinée commune. Après tout, nous
sommes peut-être frères. Nous verrons bien. II y a une chose que nous savons,
et que l'homme blanc découvrira peut-être un jour, c'est que notre Dieu est le
même Dieu. Il se peut que vous pensiez maintenant le posséder comme vous
voulez posséder notre terre, mais vous ne pouvez pas. Il est le Dieu de
l'homme, et sa pitié est égale pour l'homme rouge et le blanc. Cette terre Lui
est précieuse, et nuire à la terre, c'est accabler de mépris son créateur.
Les blancs aussi disparaîtront ; peut-être plus tôt que toutes les autres
tribus. Contaminez votre lit, et vous suffoquerez une nuit dans vos propres détritus. Mais
en mourant vous brillerez avec éclat, ardents de la force du Dieu qui vous a
amenés jusqu'à cette terre et qui pour quelque dessein particulier vous a fait
dominer cette terre et l'homme rouge. Cette destinée est un mystère pour nous,
car nous ne comprenons pas lorsque les bisons sont tous massacrés, les chevaux
sauvages domptés, les coins secrets de la forêt chargés du fumet de beaucoup
d'hommes et la vue des collines en pleines fleurs ternies par des fils qui
parlent. Où est le hallier ? Disparu. Où est l'aigle ? Disparu. ................. Livres :
______________ Le film : Danse
avec les loups
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