|
Le haïku (俳句) est une forme poétique très codifiée d'origine
japonaise, à forte composante symbolique, comportant traditionnellement 3 vers
formant en tout 17 syllabes (5, 7 puis 5 syllabes). Le haïku inclut généralement
un kigo (季語). C'est un mot qui fait référence à l'une des
quatre saisons.
Le haïku qui date du XVe siècle, tire son origine du Tanka, la poésie
traditionnelle japonaise.
Au Japon du 15e siècle, la forme poétique nommée renga a fleuri.
Le renga est un poème produit collectivement par plusieurs auteurs. Les membres
ajoutent alternativement des versets de 17 syllabes (5, 7 et 5 syllabes) et de
14 (7 et 7 syllabes), et achèvent un poème composé de 100 versets.
Le renga était un genre littéraire de haute tenue. On demandait aux membres,
selon la tradition, de présenter leurs versets en se basant sur l'esthétique médiévale
et en citant des classiques.
Au 16e siècle, au lieu du renga, c'est le haïkaï - poème humoriste - qui est
devenu populaire. Le haïkaï (haïkaï-renga) est un poème construit de
versets de 17 et de 14 syllabes comme le renga, mais il parodie le renga en
introduisant des blagues vulgaires à la mode. Les poètes de haïkaï se sont
servis de jeux de mots et ont traité des choses de la vie quotidienne
auxquelles le renga ne s'intéressait pas.
Le premier verset (17 syllabes) du renga et du haïkaï est appelé "hokku".
Les poètes de haïkaï ont commencé à présenter leurs hokkus comme les poèmes
indépendants, ce qui est l'origine du haïku.
On demandait, selon la tradition, d'adopter dans le premier verset du renga et
du haïkaï un kigo (mot de saison). Donc, il s'est aussi imposé d'introduire
un kigo dans un hokku (et dans un haïku).
(Marina(4/5/2005)
Même alité il vient me voir
Par le store de bambou
Papillon d'automne
(Sôseki)
Basho
Matsuo (1644 ~ 1694)

Basho Matsuo est connu comme le premier grand poète de l'histoire du haïkaï
(et du haïku).
De son vrai nom Matsuo Munefusa, il est issu d'une famille de samouraï. Il se
lie d'amitié avec le fils de son seigneur, le jeune Yoshitada, mais la mort de
son ami le conduit à renoncer à une carrière classique de guerrier et à étudier
les lettres.
Dans sa jeunesse, il a écrit des poèmes à la mode: hokkus de plaisanterie
adoptant beaucoup de jeux de mots. Vers 1680, il a commencé à attacher de
l'importance à la philosophie dans le haïkaï (surtout dans le hokku). Il a
subi une grande influence de Tchouang-tseu, philosophe chinois du 4e siècle av.
J.-C., et il a cité des textes du Livre du maître Tchouang.
Après avoir suivi l'enseignement de plusieurs maîtres (dont Kitamura Kigin),
il crée sa propre école poétique. Il pratique le haïku avec un groupe de
disciples dans son ermitage de Fukagawa à partir de 1680. Le surnom de cet
endroit est l'Ermitage au bananier (Bashô-an) car un bananier était planté
dans le jardin, et il lui emprunte son nom de plume.
Le style nouveau qui caractérise son école est le style Shôfu.
Celui-ci peut se définir par quatre mots :
* sabi : c'est la recherche de la simplicité et la conscience de l'altération
que le temps inflige aux choses et aux êtres.
* shiori : il s'agit des suggestions qui émanent du poème sans qu'elles ne
soient formellement exprimées.
* hosomi : l'amour des choses humbles et la découverte de leur beauté.
* karumi : l'humour qui allège du sérieux et de la gravité.
Bashô est le premier grand maître du haïku et sans aucun doute le plus célèbre
au Japon où il reste littéralement vénéré.
Recueils de poèmes

* Haru no hi (1686)
* Arano (1689)
* Hisago (1690)
* Sarumino (1691)
* Sumidawara (1694)
* Zoku sarumina (1698 posth.)
Journaux de voyage
* Nozarashi-kiko (1685)
* Kashima-kiko (1687)
* Sarashina-kiko (1688)
* Oku no hosonichi (1702 posth.)
(Marina 4/5/2005)
Aux admirateurs de lune
les nuages parfois
offrent une pause
De temps en temps les nuages
Nous reposent
De tant regarder la lune
Buvons toute la nuit
Pour faire un pot de fleur
Avec le tonneau
Tous les mouvements
Du coeur
Dans le frisson du saule
Dans ma hutte
Tout ce que j'ai à vous offrir
C'est que les moustiques sont petits
De tous les côtés
Les vents apportent des pétales de cerisier
Au lac des grèbes.
|