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Fernando Antonio Nogueira Pessoa
Pessoa
par José Almada Negreiro Né le 13 juin 1888 à Lisbonne
-décédé le 30 novembre 1935 à Lisbonne Il passe son
enfance en Afrique du Sud à Durban
où son beau-père a été nommé
consul du Portugal. Il revient définitivement à Lisbonne en
1905. Il a 17 ans et il est
bilingue. Son expression sera cependant pour
l'essentiel portugaise , cette langue dont il
revendique toutes ses racines . Il vit avec sa mère
(jusqu'à son décès en 1925) et le
couple de sa soeur et de son beau-frère,
menant une existence obscure d'employé de bureau . On
le peint alors sous les traits d'un
homme introverti, idéaliste et anxieux ... Pourtant le 8 mars
1914, son moi-poète éclate en autant d'hétéronymies
antithétiques , construites et dissociées ,dans ce qu'il
appellera son Jour Triomphal. On peut douter du
jaillissement brutal puisque ce jour n'est relaté que 20 ans plus tard,
mais il parait indiscutable que très tôt ses productions poétiques ont
coexisté sous leurs différents "avatars" avec leurs attributs de
style, ou philosophique ou idéologique . Les
publications de son vivant sont rares , se
limitant à sa participation à des revues littéraires
et à un recueil de quelques poèmes : "Message"
. A noter
sa publication en 1917 de "Ultimatum"
inspiré du manifeste futuriste de l'
italien Marinetti. A
sa mort 27543 textes sont découverts
dans une malle dont devait surgir cet
homme aux dimensions légendaires d'une existence multipliée
ou plurielle. Et tout
de suite il faut souligner l'excellence de son écriture
partout et quelle que soit la forme . Hétéronymie « Les hétéronymes
doivent être publiés par moi sous mon propre nom[…] Ils formeront une série
intitulée Ficçoes do Interludio(1) […] »( Lettre à Gaspar Simoès 1932) On a
relevé et cité des dizaines d'hétéronymes mais
les plus caractérisés aux attributs fixés par
Pessoa lui-même sont au nombre de cinq ou six ..
sept ? Pessoa
enfant dialoguait déjà avec le fictif Chevalier
de Pas. Le
8 mars 1914 , surgit dans une sorte de
transe existentielle son double antithétique Alberto
Careiro le poète paysan affecté d'un
paganisme antique , nature brute , qui se
traduit dans une poésie épurée de toutes
figures de style ou de métaphores . Il
se veut "le penseur de la
non-pensée ", l' observateur authentique du monde , témoin
ou photographe de l'immédiat : Il ne
suffit pas d'ouvrir la fenêtre ou bien, "Chaque
fois que je pense une chose , je la trahis. Alberto
Careiro "meurt" en 1915. La
seconde Créature révélée est Ricardo Reis stoïcien
épicurien , plus complexe à la poésie plus
savante , recherchée, certains disent plus maniérée.
Le recueil Odes éparses est
une poésie cérébrale et sophistiquée. Lente,
repose l'onde laissée par la marée. Il
est "exilé au Brésil " en 1919. Résolument
moderne il est partisan de la vie à l'extrême et
du dérèglement de tous les sens .
Ses
poèmes en anglais sont signés de Alexandre
Search chez qui l'on perçoit l'inquiétude
religieuse, le désir sexuel, les plaies de l'âme,
également le complexe de César , le rêve de
gloire :Erostrate Citons encore
Antonio Mora le philosophe et Pessoa
mystique ,gnostique imprégné de d'occultisme et de
spiritisme , illustration de ce sentiment portugais
intraduisible la Saudade , sorte
de nostalgie- mélancolie d'une mémoire collective de
la grandeur nationale qui produit ce que certains
considèrent comme son chef- d'oeuvre ou
son testament : Message Une clé
fournie par Pessoa pour lire son oeuvre
: "L'utilisation de la sensibilité se fait
de trois façons -Le procédé classique qui consiste à éliminer
de la sensation ou de l'émotion tout ce qui s'y
trouve de véritablement individuel, en n' extrayant et
en n'exposant que ce qui s'y trouve d'universel. - Le procédé romantique qui consiste à
rendre la sensation individuelle si nettement ou si
vivacement qu'elle en est acceptée non comme une
chose intelligible mais comme une chose sensible
pour le lecteur le visionneur ou l'auditeur. - Le troisième procédé consiste à donner à chaque
émotion ou sensation un prolongement métaphysique ou rationnel en
sorte que ce qui , en elle , est susceptible d'être
intelligible obtienne de l'intelligibilité grâce au
prolongement explicatif . Dans sa note sur
les Hétéronymies Patrick Quiller (1) cite ces
exemples indiqués par le poète à propos des
sensations qui lui sont suggérées par la couleur
verte : " Il est une
couleur qui me poursuit et que je hais, .............................................................. Ô vert ! Ô horreur du
vert ! ................................................................. Je hais le vert. ......................................................................... Une couleur me poursuit
du fond de ma mémoire, (1) Fernando Pessoa , Oeuvres poétiques, nrf
Gallimard. Sources
: Fernando Pessoa , Oeuvres poétiques, nrf Gallimard. La
Pléiade Fernando Pessoa: "Le livre de l'intranquillité de
Bernardo Soares" Christian Bourgois éditeur Essentiels d'Universalis : Fernando Pesoa par Robert Bréchon Sites web : http://fr.wikipedia.org/wiki/Fernando_Pessoa http://www.bibliomonde.com/auteur/fernando-pessoa-525.html http://schabrieres.wordpress.com/tag/fernando-pessoa/
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