Et quelques fleurs au hasard..
Accueil Remonter Contacts Nouveautés plan du site

Le mariage insolite de Marie la  Bretonne              

 

L'Epave  

 

de M. Longfellow

Cité par  Edgar Poe "Du  principe poétique "

 

Le jour  est  parti, et les ténèbres

Tombent  des  ailes de la Nuit,

Comme  une plume tombe emportée

De l'aile  d'un aigle  dans son  vol.

 

J'aperçois les lumières du  village

Luire  à travers la pluie  et la  brume,

Et un sentiment  de tristesse  m'envahit,

Auquel mon  âme  ne peut  résister ;

 

Un  sentiment  de tristesse  et  d'angoisse

Qui  n'a rien de la  douleur, 

Et qui  ne ressemble au  chagrin

Que comme  le  brouillard  ressemble  à  la pluie.

 

Viens,  lis-moi  quelque poème,

Quelque  simple lai, dicté par le  coeur,

Qui  calmera  cette  émotion  sans repos,

Et  bannira les  pensées du  jour.

 

[......]

 

 

Le vase  Brisé  

Le vase où meurt cette vervaine
D'un coup d'éventail fut fêlé ;
Le coup dut l'effleurer à peine,
Aucun bruit ne l'a révélé.

Mais la légère meurtrissure,
Mordant le cristal chaque jour,
D'une marche invisible et sûre
En a fait lentement le tour.

Son eau fraîche a fui goutte à goutte,
Le suc des fleurs s'est épuisé ;
Personne encore ne s'en doute,
N'y touchez pas, il est brisé.

Souvent aussi la main qu'on aime
Effleurant le coeur, le meurtrit ;
Puis le coeur se fend de lui-même,
La fleur de son amour périt ;

Toujours intact aux yeux du monde,
Il sent croître et pleurer tout bas
Sa blessure fine et profonde :
Il est brisé, n'y touchez pas.

 

Sully Prudhomme


Jean Baptiste Greuze

La cruche  cassée   (détail)

 

Le  mariage insolite  de Marie la Bretonne

analyse par  Vincent  Steffen 

Page  suivante

 

 

De  Soren Kierkegaard

 

Lettres de  fiancailles 

(A  Régine Olsen le28 octobre 1840). 

 

 

Ma régine

... Et l'hiver vint et les fleurs se flétrirent. Mais il en sauva pourtant quelques unes du  froid. Et se tenant devant la fenêtre, plein d'un impatient désir il les présenta. Mais la vie en elles était trop faible; et pour tenter de la préserver , il les pressa dans sa main  , et  elles moururent. Mais une goutte demeura qui , née  dans la douleur a une immortalité  que seuls possèdent le parfum des fleurs  et les vieilles mélodies.

Porte ma lettre par le long chemin

Esprit de l'anneau

Un  moyen plus rapide, tu n'en trouveras pas.

A toi pour toujours

S.K.

Cueillie au  jardin d'Adam  le 4 fevrier 2008

 

 

 

de William Ernest HENLEY

(1849-1903)

 

Invictus (invincible)

 

Dans la nuit qui m'environne,

Dans les ténèbres qui m'enserrent,

Je loue les dieux qui me donnent

Une âme à la fois noble et fière.

 

Prisonnier de ma situation,

Je ne veux pas me rebeller,

Meurtri par les tribulations,

Je suis debout, bien que blessé.

 

En ce lieu d'opprobre et de pleurs,

je ne vois qu'horreur et ombres

les années s'annoncent sombres

mais je ne connaîtrai pas la peur.

 

Aussi étroit que soit le chemin,

Bien qu'on m'accuse et qu'on me blâme:

Je suis maître de mon destin;

Et capitaine de mon âme.

 

(Cueillie chez  T.D.)  

 

de Pierre de  Marbeuf

(1596-1645 )

 

Et  la mer et l'amour ont  l'amour pour partage,

Et la mer est  amère, et l'amour est amer,

L'on s'abîme en  l'amour aussi bien qu'en la mer,

Car la mer et l'amour ne sont point sans orage.

 

Celui qui craint  les eaux qu'il demeure au rivage,

Celui qui craint les maux qu'on souffre pour aimer,

Qu'il ne se laisse pas à  l'amour enflammer,

Et tous deux ils seront sans  hasard de naufrage.

 

La mère de l'amour eut l'amour pour berceau,

Le feu sort de l'amour, sa mère sort de l'eau,

Mais l'eau contre ce feu ne peut fournir  des armes.

 

Si l'eau pouvait éteindre un brasier amoureux,

Ton amour qui  me brûle est si fort douloureux,

Que j'eusse éteint son feu de la mer de mes larmes

 

 (cueillie  le  26novembre 2007)

 (retour à  "la mer")

 

Marceline Desbordes-Valmore 

 

née à  Douai le  20 juin 1786-décédée le 23 juillet 1859.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Marceline_Desbordes-Valmore

 

"les séparés" 

N'écris pas! Je suis triste et je voudrais m'éteindre
Les  beaux été, sans toi c'est l'amour sans flambeau
J'ai  refermé mes bras qui ne peuvent t'atteindre.
Et frapper à mon coeur c'est  frapper  au  tombeau.
 

N'écris pas !  n'apprenons qu'à mourir à  nous-mêmes
Ne demande qu'à  Dieu, qu'à toi si  je t'aimais
Au  fond de ton silence écouter  que tu m'aimes
C'est entendre le ciel  sans y monter jamais.
 

N'écris pas !Je te crains. J'ai  peur de ma mémoire:
Elle a gardé ta voix qui m'appelle souvent
Ne montre pas l'eau  vive à  qui ne peut la boire
Une chère écriture est un portrait vivant
 

N'écris pas  ces  deux mots que je n'ose plus lire
Il semble que ta voix les répand sur mon coeur
Que je les vois brûler à travers ton sourire
Il semble qu'un  baiser les empreint sur mon coeur.
 

http://www.youtube.com/watch?v=LJLOJxN4mPU&feature=related  (poème chanté par Julien Clerc)

 

 

  sommaire des domaines sommaire des thèmes Nouvelle page 7