Le wanderer schubertien
Concept
du « wanderer » D’après
Christian Merlin Le
thème de l’errance est
un thème récurrent et pour
moi commun à
toutes les cultures . J’ai
le sentiment
d’un thème universel
pour ma part
. Mes
connaissances en
linguistique ou
philologie sont toutefois bien trop limitées
pour que je puisse dire si
dans les autres langues le
substantif équivalent
de « Errant » est
restrictif comme je le
ressens en français
où domine une
connotation tragique qui ne
permet pas
de l’assimiler au
« wanderer » allemand
.Ce wanderer selon Christian
Merlin germaniste et critique
musical correspond
a un concept tout à fait particulier,
à la vaste polysemie
englobant tous
les types
d’errances de l’odyssée ,
à la
quête ,
en passant par le
voyage initiatique
ou la
promenade philosophique . Victime
de la malédiction de la
malédiction des dieux , condamnation
divine, expiation pourrait
apparaitre comme le premier
sens en
français , très
marqué par
nos traditions
gréco-judéo- chrétiennes et s’appliquer
aussi bien à
Adam , Moïse, Ulysse, qu’au
Juif errant , l’Ahasvérus de
Kierkegaard , ou encore au
Vieux marin
Anglais de Coleridge Il
en va différemment
du promeneur ,
solitaire de Rousseau ou
Schiller cherchant
dans la paix
de la nature l’espace
propice à la reflexion
philosophique situant
la place
de l’homme dans
l’univers, ou du
Zarathoustra de Nietzsche s’isolant
sur sa
montagne , qu’il
soit idealiste réconcilié
avec cette
nature ou
pessimiste à la
manière de Schopenhauer, de
Leopardi en
Italie (dont le titre d’un
des poèmes est
pourtant traduit par une
évocation au Berger
errant de l’Asie ),
selon l’expression du
courant romantique dont il
est issu .. Tout
aussi different le Chevalier
en quête du Graal de
l’europe médievale
, de la croisade du Quichotte
chevalier à la triste figure
en Espagne Evoquons
encore celui qui part
plus ou moins joyeusement
à la recherche de la
connaissance , de nouveaux
savoirs qu’on retrouve aussi
en Asie , souvent
voyage initiatique ou même
initiateur comme dans la pérégrination
vers l’ouest et
autres romans
de la littérature chinoise
…..
Tous ces
types d’errance Christian
Merlin les
retrouve désignés sous
le même vocable
de wanderer
dans la culture allemande
……. Aussi
bien , les wanderer
de Schubert
designés par ce terme
unique ne sont pas univoques Les
premiers cycles
de lied inspirés
de Schliegel
fondateur du
romantisme allemand
chantent le retour à la nature
benéfique dans une
atmosphère heureuse : »Comme la lumière de la
lune me dit clairemnt,
m’encourageant au voyage : suis fidèlement
ton ancienne route, ne te
choisis pas de patrie, sinon tes
jours tristes t’apporteront un tourment
eternel « , le
voyage est
exalté tandis que
les seconds
ressortissent davantage
de l’esprit de Schmidt
von Lubeck ou de Schiller pessimiste
et « malheureux »
cheminant vers
la mort ,
seul port
auquel aspire le
voyageur , Le jeu des vagues
m’a poussé jusque cette
vaste mer ; devant moi
s’étendent le vide et les
lointains , et je ne suis pas
plus proche du
but « ( Pilgrin
de Schiller)
. »Afin
de mesurer le chemin qui
sépare le
Wanderer de
Schliegel si heureux de
partir , et celui
de Schmidt von
Lubeck si
las de marcher il
suffit de
comparer le jeune meunier de Die Shöne
Mullerin (la belle meunière
, 1823) au voyageur
sans espoir de Winterreise
(Voyage d’hiver) , 1827 les deux
grands cycles
de lieder inspirés à
Schubert par
les poèmes de Wilhelm Müller
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