Poésies de Pol
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Un  nouvel ami-poète 

 

Plumes et confidences  indiennes 

Salut  étrange visiteur ! C'est sympa de changer de  méridien,
Entre dans  mon wigwam, écoute-moi et  mets-toi bien à l'aise.
Tu  me vois peu vêtue, pourtant  je ne sors pas de  l'océan indien,
Je suis fille de Sioux, une squaw qui  ne veut pas  que  l'on taise,
Mon passé, mes ancêtres, ceux que l'on a chassé et fait souffrir.
C'étaient les grands manitous, grands sachems aux noms glorieux,
Car c'est  à eux que  je dois le plaisir de te voir et de t'accueillir.
D'autres ont subi le  martyre et n'ont pas eu ce côté victorieux,
Car vois-tu voler la terre  où l'on vit, c'est détruire ses racines,
Et de mon aïeul, je porte au cou  quatre rangées de  pierres fines,
Lui, n'a jamais bien su où il avait enfoui ce maudit tomahawk, 
Pour éviter peut-être de faire resurgir cette douloureuse  époque.
Aujourd'hui tous les indiens sont sortis de leurs vieilles réserves,
Au-delà des légendes prises aux pièges des attrapeurs de rêves,
Sitting Bull et Crazy Horse chevauchent belle Harley en Indiana , 
Mais n'oublient pas le temps béni du Mustang ou de l'Appaloosa.
Mais  pourquoi ton visage pâle s'empourpre-t-il soudainement?
C'est ma  peau qui est rouge et tu seras toujours l'homme blanc,
Ma plume à ta poitrine écrit en rouge-sang, son amour de Sioux
Imagine qu'en file  indienne, je place ces trois  mots : I love  you,
Pourrait-on se lier l'un à l'autre comme au  plus joli des totems ?
Danserais-tu avec les  loups, pour chanter aussi fort que je t'aime ?..

 

Le plumier

Venez, tendres et timides plumes
J’aime vous lire pour m’émouvoir,
Car pour chasser mon amertume,
J’ai une envie folle de vous…voir.

Faites vivre sur la page vos pointes,
Papier brouillon ou papier de soie,
Lorsque rien ne vous désappointe,
Surpris, lorsque vos vers assoient !

Puis j’apprécie la main qui compose,
Ce bouquet de pensées ou de roses,
Parfums de mots que j’aime tant lire,
Posés sur les fines cordes d’une lyre.

C’est à l’esprit aussi que je m’adresse,
Avec cette soif d’encre qui veut apaiser,
Cette sensation qui guette une caresse,
Et en fin de course, trouve un joli baiser…

 

 

Assez !


A force de vous lire j’ai l’humeur assassine,
S’il te plait jeunesse retiens tes poèmes noirs,
La vie c’est bien autre chose qui se dessine,
Stoppe cette obsession qui te prive d’espoir.

Aime un peu l’amour que tu trouves sur terre,
Pitié ! Change de registre, évite le funéraire,
On est tous conviés à jouer au globe-trotter,
Avant cet ultime voyage, il y a mieux à faire !

Allez, je vais te dire que ça continue après,
Et que tu peux laisser ta plume au vestiaire,
Rien ne sera gravé dans le granit ou le grès,
Pas la peine de faire parler des cimetières !

Il suffit d’aimer pour en repousser l’échéance,
Écoute les chansons qui sont des testaments,
Avoir vingt ans et se plaire en condoléances,
C’est un bien triste sort pour qui se dit amant !

Vous devez être poètes ou bien vraiment seuls,
La faucheuse vous gêne et aussi elle vous hante,
Ouvrez donc vos yeux et fermez tous vos linceuls,
Et contez-nous votre cœur pour remonter la pente !

D’autres jeunes vous lisent et recherchent un rêve,
Croyez vous que vos récits ont besoin de noirceur,
Auriez vous déjà condamné et mis l’amour en grève ?
Votre style lugubre n’a-t-il pas aussi des douceurs ?

Je crains de trouver en ce site une jeunesse morose,
Je l’aime pourtant quand elle m’interroge et sollicite,
D’elle, on lit souvent la mort et pas souvent une rose,
Il faut aimer la vie, pressons ! Le temps passe si vite !

Jeu de dames


Cherche dame de cœur qui m’offrirait chaleur et âme,
Plus si affinités, même si elle ne s’appelle pas Judith,
Blanche ou de couleur, où est ce salon des dames ?
Viendra-t-elle solitaire me tenter et faire une réussite ?

Quand tout de trèfle vêtue, se présente la belle Argine,
En marquise, d’amour vos beaux yeux, mourir me font,
Avec charme discret d’après votre sourire que j’imagine
Vous vous éventez, pour moi qui me vante dans le fond,

Là-haut, la dame à sa fenêtre est-elle dame de carreau ?
Qui elle aussi en guette une autre pour se faire la paire,
Et ce roi barbu, qui s’avance, coiffé des mains de Figaro,
Sur cet échiquier à damier, vous parlez d’un autre père !

Vile dame de pique qu'on ne peut dans ses mains tenir,
Est-ce une brune délaissée, à éviter pour qui veut jouer ?
Veuve dans un opéra russe, nul ne peut lui appartenir,
Mais elle est si femme, si belle quand elle est enjouée.

Le cœur des dames n’en finit pas d’inspirer les poètes,
Des ballades du temps jadis, au bonheur de celles-ci,
Autant d’atouts, et autant de carrés qu’elles souhaitent,
Et quelques vers d'un baladin qui vient leur dire merci…
 


(pol)

Mémoire de plage



Sur mon sable mouillé, si vous venez me fouler,
Je voudrais répéter comme le font mes vagues,
Mon histoire d’hier, quand des larmes ont coulé,
Puisque l’on m’a meurtri de mille coups de dague.

A l’aube d’un début juin sur cette côte de nacre,
La mer d’un ton gris vert est devenue sanguine,
Couleur de liberté pour le temps d’un massacre,
Depuis, nul oiseau vole entre brumes et bruines,

Des hommes sont arrivés épuisés d’un voyage,
Malades, ils se sont rués en cherchant un abri,
Le bruit des armes en écho d’un infernal tapage,
Les faisait avancer avec terreur entre les débris.

Le ciel s’habillait de feux aux lumières étranges,
Ce n’était qu’ombres mobiles et rayures bizarres,
Dantesque et si curieux pour un jardin des anges,
Quand dix mille renoncules fleurissaient au hasard.

La côte se souvient du courage de tous ces soldats,
Du nom de ces plages qui évoquent leurs racines,
De ce matin, et comment la fin de ce jour se solda,
En combattant des hommes à l’humeur assassine.

Je pleurerai très longtemps mon rivage d’avant hier,
Mais je vous offre mon histoire et le fais sans fierté,
Si mon ciel est voilé, il cache une jeunesse altière,
Qui dort sur le lit de mon sable aux grains de liberté...

Guerres et poésies,


Combien de cimetières marins, fleuris ou non vont me parler de cette façon ?
Marronniers qui pleurez à l’unisson des violons d’une chanson d’automne,
Au printemps finissant, fleurs et larmes m’environnez de vos sanglots longs,
Cherchant réponse à votre spleen, à ces stèles dressées, triste, je tâtonne.

Et dans mes souvenirs me résonne : Mère voici vos fils qui se sont tant battus*,
Ce que Charles a laissé, Daniel l’a repris par un petit homme mort au combat,
Il faudra bien un jour que cesse cette folie, et ces milliers de vies que l’on tue !
Combien de Barbara, combien de cœurs gravés sur les chênes que l’on abat.

Mais vous continuez à vivre après la bataille, en ces lieux nullement désertés,
Là, le violon frémissant souligne l’harmonie du soir, à l’heure du recueillement,
Le vent inscrit aux carrefours des mémoires d’outre-tombe, le mot de Liberté,
En combattants du devoir offrant vos vies en sacrifice, quel sublime ralliement !

J’voudrais pas crever chantait l’ami Boris, en regardant pousser les fleurs du mal,
On est tous convié à ce dernier voyage, aussi, j’ai poussé la porte de votre jardin,
Vous n’êtes pas si loin, vous les dormeurs du val, reposez en paix, oubliez le mal,
Entre la rose et le réséda, l’on vous honore en plume de poètes ou de baladins...

 

 

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