Alfred de VIGNY
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Alfred de Vigny

 

1797-1863

Naissance  à Loches  en Touraine , en 1797, dans  une  famille  de l’aristocratie  militaire ; sa  mère qui avait  lu Rousseau lui  inculque le goût de la musique et de la  peinture plutôt que celui des Belles-lettres en  même temps que les principes d’une morale  rigoureuse, et la conviction  d’appartenir à l' élite de l’Ancien régime.  Celle-ci est  alors  condamnée à la décadence  par la corruption  morale de la grande noblesse et supplantée par la  nouvelle bourgeoisie de  l’argent; ce dont  prend conscience très tôt le  jeune Alfred de  Vigny.

Il est également confronté aux deux idées fortes qui  marquent son époque : l’aboutissement du rationalisme dans  la philosophie française avec  la remise en cause des  idéaux  religieux et  les débuts de l’exploitation de  l’homme par  l’homme en contre-partie du fruit des découvertes scientifiques, le développement de l'industrie . 

Son  éducation  le désignait aux métiers militaires et  il en conçut un  amour de la gloire des armes. Mais une vie de caserne,  loin des champs de bataille, déçut le jeune  officier;  il démissionna en  1827 pour entamer une carrière littéraire où  il obtint  un succès immédiat.

Après d’autres Poèmes mineurs  parus  en 1822,  Les Poèmes  antiques et modernes, sont  publiés en  1826. Les critiques   y décèlent  la grâce de Chénier  mais déjà  une fermeté originale et  une  profondeur d’une facture très romantique.

Bientôt  il entreprend également une carrière de romancier et de dramaturge .

Un  premier  roman  Cinq-Mars est un roman  pseudo- historique (beaucoup  de libertés  prises avec les faits) comportant  un  plaidoyer contre  la peine de mort  et d’une  manière  plus générale contre  les formes barbares de la justice criminelle.

Bien que soutenu  à la fois par  Hugo, Lamartine et dans un premier temps par Sainte Beuve,  il ne participe pas  à  la vie du  Cénacle romantique dont  il se tient volontairement  à  l’écart.

En  1926 ,  il épouse  une anglaise Lydia Benbury.

Il semble que  pendant cette  période  , « Vigny,  fut un  écrivain  et  un  homme  heureux» (Paul  Viallaneix). 

A  partir de  1830, Les événements  (Révolution de Juillet) ébranlent ses convictions  politiques. Après  des hésitations , il se rallie au  nouveau régime de monarchie bourgeoise  regroupée derrière  le Duc d’Orléans-Louis  Philippe(le roi citoyen). Le doute s’instaure vis à vis des systèmes monarchistes soutenus par une bourgeoisie d’argent qu’il  méprise. Il tente de se rapprocher des  Saint-Simoniens puis des chrétiens de Lamenais qui ne le satisferont pas davantage.

Au  pessimisme politique (En 1848 il se laissera séduire par  le  mouvement révolutionnaire mais  en Décembre 1852  il se ralliera  à  l’Empire ) s’ajoute  ses doutes religieux avec son  refus de croyance en  la divinité de Jésus et ses interrogations de  plus en  plus pressantes vis à vis de la religion : « Et Dieu ? Tel est le siècle, ils n’y pensèrent  pas ! » (Les amants de Montmorency)

Sa liaison  malheureuse avec Marie Dorval renforce  encore son scepticisme vis à vis de ses semblables  et de l’amour  humain.

On trouve dans  ses œuvres de cette époque le témoignage  de cet engagement dans ce  profond scepticisme; ainsi du  poète qui se trouve isolé comme victime d'ostracisme ou d'une  malédiction qui pèserait sur  les âmes pures , négligées par la société  et  les grands qui  la représentent  et détiennent  le pouvoir :

Dans Stello par exemple:

-         La  légèreté de  Louis XV condamne Gilbert à mourir de faim

-         -Le fanatisme de Robespierre mène Chénier  à  l’échafaud

-         L’égoïsme de Beckford , Lord maire de Londres, provoque  le suicide de  Chatterton

Défaut  à  la  parole donnée , trahison  par  légèreté ou  par  intérêt , indifférence . C’est aussi  l’honneur qui est bafoué, et le  poète déjà  esprit pur est toujours désigné comme  victime expiatoire des fautes des hommes ordinaires quel que soit  leur statut social. Ce constat lui suggère d’observer vis  à vis de la société une neutralité armée .

Il exprime son  pessimisme   militaire dans « Servitude  et grandeur  militaire » (1835) mais aussi  l’exaltation de l’honneur en tant que qualité tout  humaine sans récompense céleste après la  mort , la vertu  de la vie. De la conception de la  parole d’honneur  il aspire  à restaurer le sacré du  langage.

On  y retrouve notamment le Capitaine Renaud martyr de la non-violence . 

Si sa carrière de dramaturge  et de romancier continue de donner  une impression de réussite,  A de Vigny ne cesse de voir son scepticisme progresser  dans ses relations au  monde, relations amicales et  amoureuses, relations politiques mais surtout dans son art  poétique  pour lequel  il a  conçu un idéal  très  personnel,  rigoureux, s’opposant, dans  la forme,  à la grandiloquence facile,  une  quête de la beauté  pure mais aussi support à une éthique profondément humaine  au delà d’une apparente austérité, qu’on qualifiera  parfois de froideur orgueilleuse.

Il aspire  à une retraite qui  lui  permettrait de réaliser  cet  idéal et s’enferme dans  sa « tour d’ivoire » selon  l’expression malveillante de Sainte-Beuve.

Des accès de sociabilité l’en font  parfois sortir : engagement  pour  une cause comme celle du droit des écrivains  à disposer de leur œuvre , candidature  à  l’Académie Française (succès  après 5  échecs).

 

Les  poèmes de cette  période d’exil volontaire, comme son Journal révèlent qu’il ne s’agissait ni d’une  défaillance de l’artiste ni d’une démission de l’homme.  Ils traduisent  l’évolution du solitaire depuis  sa dernière  prière  au  dieu de la bible devant  la dépouille d’une mère vénérée :

-La sauvage

-La  mort du  loup.

    -    La flûte

    -   Le  Mont des Oliviers

    -    La Maison du berger

    -   La bouteille  à  la mer

Il atteint par certaines de ces  œuvres l’idéal qu’il  s’était fixé en érigeant en symboles des images dont  le sens  profond imprègne notre  culture (la mort du  loup,  la bouteille  à la  mer  ,  la  maison du berger) .

Il  meurt en  loup solitaire le 17 septembre 1863.

 

(Sources Paul  Viallaneix / Universalis, Chatterton  par  Claire fontaine, Stello,  Daphné par F. Germain )

 A voir : http://www.poetes.com/vigny/index.php

 

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L’oeuvre poétique

 

Poésie !Ô Trésor ! Perle de la  pensée !

Ô toi des vrais penseurs impérissable amour !

Le  poème :Eloa ou La soeur des Anges 

 

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